DONA BENTA & TIA NASTACIA, LE LAIT DU FOLKLORE, Pauline Franchini, Université de Bourgogne

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Dona Benta disse que folk quer dizer gente, povo; e lore quer dizer sabedoria, ciência. Folclore são as coisas que o povo sabe porboca, de um contar para o outro, de pais a filhos — os contos, as histórias, as anedotas, as superstições, as bobagens, a sabedoria popular, etc. e tal. Por que pergunta isso, Pedrinho?
O meninocalou-se. Estava pensativo, com os olhos lá longe. Depois disse:
— Uma idéia que eu tive. Tia Nastácia é o povo. Tudo que o povo sabe e vai contando, de um para outro, ela deve saber. Estou com o plano de espremer tia Nastácia para tirar o leite do folclore que há nela.


Dona Benta dit que « folk » signifie les gens, le peuple ; et « lore » signifie la sagesse, la science. Le folklore, ce sont les choses que le peuple sait par la parole, de bouche à oreille, de père en fils – les contes, les histoires, les anecdotes, les superstitions, les sottises, la sagesse populaire, etc etc. Pourquoi demandes-tu cela, Petit Pierre ?
Le garçon se tut. Il était dans ses pensées, le regard lointain. Puis il dit :
– Il m'est venu une idée. Tante Nastácia est le peuple. Tout ce que le peuple sait et se transmet de bouche à oreille, elle doit le savoir. J'ai pour projet de presser tante Nastácia pour tirer le lait du folklore qu'il y a en elle.

Monteiro Lobato, Histórias de Tia Nastácia,1937 (notre traduction)

Célèbre à travers tout le pays des merveilles pour ses fameux bolinhos et autres mets délicieux, Tia (tante) Nastácia, la vieille cuisinière et bonne à tout faire de la ferme du Pivert Jaune, est l'un des personnages principaux des livres d'enfance de Monteiro Lobato, et aussi l'un des plus attachants. Peureuse, superstitieuse et visiblement dépassée par les événements merveilleux qui rythment la vie du Sítio, elle remplit une fonction comique dans la narration par ses mimiques (yeux écarquillés, bouche bée), ses expressions récurrentes et son (franc-)parler populaire. Celle qui a fabriqué la poupée de chiffon Emília est comme une seconde grand-mère pour les enfants. Bien que confinée aux fourneaux et aux tâches domestiques, comme c'était (et c'est encore) souvent l'usage dans les familles aisées disposant de personnel de maison, elle fait partie de la famille et de la plupart des aventures de la série romanesque. Les illustrations et les adaptations télévisées successives la représentent sous les traits stéréotypés de la grosse « mama » noire au large sourire plein de bonhomie, aux lèvres démesurées, vêtue d'un tablier, coiffée d'un foulard, un ustensile de cuisine à la main ou un panier de linge sur la tête. Une telle description n'est pas sans rappeler la figure caricaturale de la mummy aux États-Unis : qui n'a pas en tête la domestique des cartoons Tom & Jerry ?

Figure 1 : Tia Nastácia dans sa cuisine 
Figure 1 : Tia Nastácia
dans sa cuisine
Figure 2 : Tia Nastácia ou le stéréotype de la domestique (empregada) noire 
Figure 2 : Tia Nastácia ou le stéréotype de la domestique (empregada) noire
Figure 3 : Mammy Two Shoes de Tom et Jerry
Figure 3 : Mammy Two Shoes de Tom et Jerry

 


Ces dernières années, suite notamment à la relecture de la correspondance de Lobato révélant ses convictions eugénistes, de vives polémiques ont éclaté concernant les préjugés racistes de ses ouvrages et la nécessité ou non de censurer certains passages ou d'insérer des notes et avertissements dans les éditions à usage scolaire. Les critiques portent surtout sur la caractérisation de Nastácia, qui est sans cesse désignée par les périphrases a (velha) negra, a preta (« la (vieille) noire, la négresse ») et qui, dans l'incipit de Reinações de Narizinho (1931), premier livre de la série, est présentée sans équivoque comme la negra de estimação de Dona Benta, une expression calquée sur animal de estimação, animal de compagnie. Car, si le rôle de subalterne des personnages afro-descendants du Sítio reflète une réalité de la société post-esclavagiste – de nos jours encore, la population afro-brésilienne est la plus concernée par la pauvreté, l'illettrisme et le travail domestique –, reste que le texte lobatien est émaillé de commentaires pour le moins méprisants sur l'ignorance et la simplicité de « la veille négresse », ainsi que de descriptions physiques animalisantes sur ses « grosses lèvres » et sa peau « couleur de charbon ». Le noir est systématiquement associé à la laideur, à la honte et à l'infériorité intellectuelle, comme en témoigne cet extrait de Reinações de Narizinho, que l'on aurait du mal aujourd'hui à mettre entre des mains enfantines :

[Le Sítio reçoit la visite d'illustres invités, des princes et princesses de contes de fées.]

— […] Tia Nastácia não sei se vem. Está com vergonha, coitada, por ser preta.
— Que não seja boba e venha — disse Narizinho. — Eu dou uma explicação ao respeitável público.
Afinal as duas velhas apareceram — dona Benta no vestido de gorgorão, e Nastácia num que dona Benta lhe havia emprestado. Narizinho achou conveniente fazer a apresentação de ambas por haver ali muita gente que as desconhecia. Trepou a uma cadeira e disse:
— Respeitável público, tenho a honra de apresentar vovó, dona Benta de Oliveira, sobrinha do famoso cônego Agapito Encerrabodes de Oliveira, que já morreu. Também apresento a princesa Anastácia. Não reparem ser preta. É preta só por fora, e não de nascença. Foi uma fada que um dia a pretejou, condenando-a  a ficar assim até que encontre um certo anel na barriga de um certo peixe. Então o encanto se quebrará e ela virará uma linda princesa loura.
Todos bateram palmas, enquanto as duas velhas se escarrapachavam nas suas cadeiras especiais.


— Je ne sais pas si elle vient, Tante Nastácia. Elle a honte, la pauvre, parce qu'elle est noire.
— Qu'elle ne soit pas bête, qu'elle vienne, dit Petit Nez. Je vais donner une explication à cette respectable assemblée.
Finalement, les deux vieilles firent leur entrée, dona Benta vêtue de la robe de gros-grain, et Nastácia d'une robe que dona Benta lui avait prêtée. Petit Nez jugea convenable de les présenter, car il y avait là beaucoup de monde qui ne les connaissait pas. Elle grimpa sur une chaise et dit :
— Respectable assemblée, j'ai l'honneur de vous présenter grand-mère, dona [madame] Benta de Oliveira, nièce du très illustre père Agapito Encerrabodes de Oliveira, qui n'est plus de ce monde. Je vous présente aussi la princesse Anastácia. Ne faites pas attention à sa couleur noire. Elle est noire d'apparence seulement, mais pas de naissance. C'est une fée qui un jour l'a rendue noire, la condamnant à rester dans cet état jusqu'à ce qu'elle trouve un certain anneau dans le ventre d'un certain poisson. Alors, le charme se rompra et elle se changera en une jolie princesse blonde.
Tous applaudirent, tandis que les deux vieilles se carraient dans leurs fauteuils spéciaux.

Pourtant, dans l'épisode qui nous intéresse particulièrement, Histórias de Tia Nastácia (1937), la domestique devient le centre de l'attention et troque son « savoir de cuisinière » pour un savoir précieux qu'elle seule détient et que les enfants viennent chercher auprès d'elle :

As negras velhas — disse Pedrinho — são sempre muito sabidas. Mamãe conta de uma que era um verdadeiro dicionário de histórias folclóricas, uma de nome Esméria, que foi escrava de meu avô. Todas as noites ela sentava-se na varanda e desfiava histórias e mais histórias.

Les vieilles noires, dit Petit Pierre, sont toujours très savantes. Maman en connaît une qui était un véritable dictionnaire d'histoires folkloriques, une dénommée Esméria, qui fut l'esclave de mon grand-père. Tous les soirs elle s'asseyait sur la terrasse et enchaînait les histoires encore et encore.

La figure de la vieille esclave, puis de la vieille domestique noire, est associée à la sagesse populaire et orale (les choses que le peuple sait por boca, qui passent de bouche en bouche), réactivant la figure de la conteuse africaine. Il s'agit pour les enfants qui veulent assouvir leur soif de savoir, de "presser Tante Nastácia pour tirer le lait du folklore qu'il y a en elle." Le personnage est essentialisé, naturellement associé au peuple et ses superstitions, sous-entendu par opposition au savoir livresque des contes de Dona Benta : « Tante Nastácia est le peuple ». Alors que Dona Benta incarne le pendant européen et mondial des contes et des mythes qu'elle transmet aux enfants, Nastácia prend en charge les histoires du folklore brésilien. Les héros de Dona Benta proviennent d'auteurs et de livres clairement identifiés (Homère, Hans C. Andersen, Charles Perrault, Lewis Carroll, ‎James Matthew Barrie, Cervantes...) ; les histoires de Nastácia n'ont pas d'auteurs propres mais se modifient en d'innombrables variantes, en fonction des conteurs. Elles proviennent des premiers colons portugais, des indiens d'Amazonie, des esclaves africains, des paysans analphabètes de la campagne. Foi assim que minha mãe Tiaga me contou o caso da princesa ladrona, que eu passo para diante do jeito que recebi. (« C'est comme ça que ma mère Tiaga m'a raconté l'affaire de la princesse voleuse, que je transmets à mon tour, de la façon dont je l'ai reçue. »).

Les enfants, Narizinho (Petit Nez) et Pedrinho (Petit Pierre), et surtout la poupée Emília, habitués aux lectures érudites de Dona Benta, ne cachent pas leur dégoût pour cette sous-culture grossière, sans queue ni tête, sans intérêt et même abrutissante selon leurs critères exigeants. Emília, la « petite peste » (pestinha) à la langue bien pendue, malgré les injonctions de Dona Benta à « respecter les anciens », passe son temps à se plaindre : só aturo essas histórias como estudos da ignorância e burrice do povo. Prazer não sinto nenhum. Não são engraçadas, não têm humorismo. Parecem-me muito grosseiras e bárbaras — coisa mesmo de negra beiçuda, como tia Nastácia. Não gosto, não gosto e não gosto... (« je ne supporte ces histoires qu'en les regardant comme des traités sur l'ignorance et la bêtise du peuple. Elles ne me procurent aucun plaisir. Elles ne sont pas drôles, elles ne contiennent pas de traits d'esprit. Elles me paraissent très grossières et barbares – typique d'une noire lippue comme tante Nastácia. Je n'aime pas, je n'aime pas et je n'aime pas... »). Mêmes réflexions dans la bouche de Pedrinho : Bem se vê que é história contada por negras velhas, cozinheiras (« On voit bien que c'est une histoire contée par des vieilles noires, des cuisinières... »).

Figure 4 : Remontrances
Figure 4 : Remontrances
Figure 5 : Une réalité sociale
Figure 5 : Une réalité sociale


Mais, sur fond de mépris non dissimulé de l'élite blanche cultivée à l'égard de la culture orale populaire, les Histórias de Tia Nastácia sont une preuve de la haute estime dans laquelle Monteiro Lobato tenait son lectorat enfantin, le jugeant capable d'apprécier, de comprendre et même de produire à son tour des réflexions métalinguistiques à propos de l'histoire qu'il vient de lire, et non pas s'en tenir passivement au seul plaisir de la fable. En effet, un petit débat suit chaque histoire contée par Nastácia. Chaque membre de l'auditoire, à l'instar des « devisants » de l'Heptaméron, y va de son commentaire sur tel aspect de la construction narrative ou de la morale du conte. Dona Benta modère les interventions et ajoute, comme le ferait un paratexte critique, des informations sur la tradition orale. Loin de constituer un simple recueil de contes, ce dispositif de mise en abyme vise à sensibiliser les petits lecteurs de Lobato à l'importance des contes traditionnels brésiliens dans la compréhension sociologique et anthropologique de leur environnement.

— Eu também acho muito ingênua essa história de rei e princesa e botas encantadas — disse Narizinho. — Depois que li o Peter Pan, fiquei exigente. Estou de acordo com Emília.
— Pois eu gostei da história — disse Pedrinho — porque me dá idéia da mentalidade do nosso povo. A gente deve conhecer essas histórias como um estudo da mentalidade do povo.
Dona Benta voltou-se para tia Nastácia.
— Vê, Nastácia, como está ficando este meu povinho? Falam como se fossem gente grande, das sabidas. Democracia para cá, folclórico para lá, mentalidade... Neste andar meu sítio acaba virando Universidade do Picapau Amarelo.


— Moi aussi, je trouve cette histoire de roi, de princesse et de bottes enchantées très ingénue, dit Petit Nez. Après avoir lu Peter Pan, je suis devenue exigeante. Je suis d'accord avec Emilia.
— Moi, j'ai aimé cette histoire, dit Petit Pierre, parce qu'elle me donne une idée de la mentalité de notre peuple. On devrait considérer ces histoires comme une étude sur la mentalité du peuple.
Dona Benta se tourna vers tante Nastácia.
— Tu vois, Nastácia, comment mes petits compagnons sont en train de tourner ? Ils parlent comme s'ils étaient de grandes personnes, et des plus savantes. « Démocratie » par-ci, « folklorique » par-là, « mentalité »... À ce train-là, ma ferme va finir par devenir l'Université du Pivert Jaune.

Les préjugés racistes de l'époque, auquel le texte n'échappe pas, n'excluent pas la possibilité que les personnages afro-descendants du Sítio soient les détenteurs exclusifs d'un savoir à préserver. C'est vers le vieux jardinier Tio (oncle) Barnabé, sorte de double masculin de Tia Nastácia, que se tourne Pedrinho pour tout savoir du Saci, personnage emblématique du folklore brésilien. Ainsi, tandis que Dona Benta, un livre ouvert sur les genoux telle la grand-mère de la gravure de Gustave Doré La lecture des contes en famille, qui sert de frontispice aux Contes de Charles Perrault, transmet aux enfants une culture littéraire européenne, c'est par la bouche des conteurs descendants d'esclaves africains que Monteiro Lobato fait connaître à ses jeunes lecteurs les trésors de la littérature orale nationale, comme un Luís da Câmara Cascudo (célèbre folkloriste brésilien) à l'usage des enfants.

Figure 6 : Gustave Doré, « La lecture des contes en famille »
Figure 6 : Gustave Doré, « La lecture des contes en famille »

Figure 7 : Dona Benta et la culture livresque européenne
Figure 7 : Dona Benta et la culture livresque européenne
 
Figure 8 : Tia Nastácia et la culture orale, populaire, brésilienne
Figure 8 : Tia Nastácia et la culture orale, populaire, brésilienne

— Pois saci, Pedrinho, é uma coisa que branco da cidade nega, diz que não há — mas há. Não existe negro velho por aí, desses que nascem e morrem no meio do mato, que não jure ter visto saci. Nunca vi nenhum, mas sei quem viu.
— Quem?
— O Tio Barnabé. Fale com ele. Negro sabido está ali! Entende de todas as feitiçarias, e de saci, e de mula-sem-cabeça, de lobisomem — de tudo.


— C'est que le saci, Petit Pierre, est une chose qu'un Blanc de la ville nie, dont il dit que ça n'existe pas... mais ça existe. Il n'est pas un vieux Noir dans les environs, de ceux qui naissent et meurent au cœur de la forêt, qui ne jure avoir vu un saci. Je n'en ai jamais vu, mais je sais qui en a vu.
— Qui ?
— L'oncle Barnabé. Va lui parler. En voilà un Noir savant ! Il s'y connaît en sorcellerie en tout genre, et en saci, en mule-sans-tête, en loup-garou... en tout !

Monteiro Lobato, O Saci, 1921

Tradition littéraire et tradition orale, Belles-Lettres et folklore, Dona Benta et Tia Nastácia sont l'avers et le revers d'une même médaille. En attendant d'explorer plus en détail le répertoire folklorique de Tia Nastácia et les enjeux idéologiques soulevés, nous espérons que cette entrée en matière aura su ouvrir l'appétit et la curiosité de nos lecteurs, et que, comme Pedrinho et Narizinho, ils nous diront : « Conte! »

Notes sur les illustrations

Figure 9 : Dona Benta selon Manoel Victor Filho
Figure 9 : Dona Benta
selon Manoel Victor Filho
Ces illustrations proviennent principalement de deux ouvrages de 1993 et 2008, des éditions Brasiliense et Globo, dénichés dans des boutiques de livres d'occasion (sebo) en avril 2016 à Campinas, São Paulo.
Les illustrations en noir et blanc de Manoel Victor Filho (visiblement coloriées par la petite Isabela, d'après l'étiquette !), appartiennent à l'ouvrage de 1993, une anthologie d’œuvres choisies de Lobato pour l'usage scolaire. Il présente dans les marges un petit personnage en forme de B, Bezinho (« petit B »), qui accompagne la lecture en donnant des définitions de mots difficiles et des contextualisations. Dans cette version, Dona Benta et Tia Nastácia sont très différentes physiquement : la grand-mère est une femme mince, tandis que la domestique est caractérisée par son embonpoint stéréotypique. De plus, nous remarquons que les passages problématiques, tels que la périphrase negra de estimação, figurent encore dans ce manuel scolaire de 1993, et les notes, censées éclairer les petits lecteurs sur le contexte de l'époque, ne problématisent pas du tout les questions sociales et raciales. Tout se passe comme si la place « naturelle » de la negra dans la société brésilienne était en cuisine, sans que ce modèle familial – largement reproduit dans les productions télévisuelles, les telenovelas –  ne soit perçu comme le reliquat de siècles d'esclavage.

Les illustrations en couleur appartiennent à l'ouvrage de 2008. Il semble que ce soit à ce jour la collection la plus moderne et la plus répandue des livres de Lobato dans les écoles et les bibliothèques. Ici, Tia Nastácia est pour ainsi dire le double de Dona Benta en noire. Elles se ressemblent beaucoup : même silhouette ronde, même forme de visage. La loi de 2003 rendant obligatoire l'enseignement de l'histoire et des cultures africaines et afro-brésiliennes à l'école, qui vise à favoriser la diversité culturelle et la tolérance, et par conséquent à éliminer les stéréotypes racistes dans les ouvrages destinés à la jeunesse, est sans doute passée par là. Le coup de crayon en fait de véritables sœurs, comme pour gommer les différences de statut social qui restent dans la suggestion et le non-dit, mais ne manquent pas de ressurgir dans les scènes de remontrances ou dans la façon de montrer Nastácia confinée à sa cuisine *.
Enfin, nous remercions chaleureusement Carla pour l'illustration de la figure 2, ainsi que tous les collègues et amis du Brésil qui continuent à se prêter au jeu et à nous envoyer les images qui ont bercé leur enfance. Obrigada !

* Notons que l'adaptation télévisée la plus récente, lancée en 2012 sur la chaîne Globo, a choisi un design de personnages qui rend tous les physiques drôles et sympathiques. Les scénarios tendent à effacer le rôle de subalternes de Nastácia et Barnabé, qui apparaissent plutôt comme des membres de la famille ou comme des voisins et amis. En pleine polémique sur le racisme de Lobato, cette version atteste d'une volonté de supprimer toute allusion à la période esclavagiste, véritable tabou de ces versions récentes.

 

Références

Oeuvres de Monteiro Lobato

  • O Saci, São Paulo, Companhia Editora Nacional,1921
  • Reinações de Narizinho, São Paulo, Companhia Editora Nacional, 1931
  • Histórias de Tia Nastácia, São Paulo, Brasiliense,1937


Lectures critiques

  • FÚCULO PORCIÚNCULA Rafael, As ideias raciais na obra de Monteiro Lobato : ficção e non ficçaão, Universidade Federal de Pelotas, 2014 (mémoire de Master)
  • LAJOLO Marisa, “Negros e negras em Monteiro Lobato”, in LOPES Eliana Marta Teixeira et alii (dir.), Lendo e escrevendo Lobato, 2. ed., Belo Horizonte, Autêntica, 1999, p.65-82
  • LAJOLO Marisa, “A figura do negro em Monteiro Lobato”, Unicamp (IEL), Campinas, 1998 (article)
  • MENDES DOS SANTOS Patrícia Vitória, A representação da identidade da mulher afrodescendente, Tia Nastácia, em O Sítio do Pica-pau Amarelo de Monteiro Lobato, Universidade Estadual de Santa Cruz, Ilhéus, 2007 (article)
  • SILVA Amanda, “Histórias de Tia Nastácia, de Monteiro Lobato: um olhar crítico sobre textos folclóricos brasileiros”, revue électronique Intersemiose (revista digital), Universidade Federal Rural de Pernambuco (UFRPE), juillet-décembre 2014


Références des illustrations

  • Figures 1, 4, 5, 7 : Monteiro Lobato, O Picapau Amarelo, São Paulo, Globo, 2010 (réimpression). Première publication : 2008. Illustrations : Paulo Borges.
  • Figures 2, 9 : Monteiro Lobato, Reinações de Narizinho, textos escolhidos e comentados para uso escolar, São Paulo, Brasiliense, 2004 (réimpression). Première parution : 1993. Illustrations : Manoel Victor Filho ; Eduardo Borges.
  • Figure 8 : Monteiro Lobato, Histórias da Tia Nastácia (Sítio do Picapau Amarelo), São Paulo, Brasiliense, 2002, 32º éd. (première parution : 1937). Illustrations : Manoel Victor Filho
  • Figure 6 : Gustave Doré, « La lecture des contes en famille », illustration pour le frontispice des Contes de Perrault. Paris, Jules Hetzel, 1862. Gravure par Adolphe-François Pannemaker (33 x 27 cm), Bibliothèque nationale de France, Estampes et Photographie.