Formules et performance contée

Formules d'introduction et de clôture, formulettes et refrains entrent dans l'art d'établir une relation avec l'auditoire. Empruntées à la tradition orale ou plus ou moins librement inspirées de cette dernière, puisées dans une mémoire familiale ou glanées au fil des rencontres, parfois trouvées dans les livres, elles participent de la signature de chaque conteur. Elles ont aussi valeur d'initiation culturelle quand les auditoires sont exposés à des répertoires nouveaux (l'art du tekerleme turc, telle formule berbère etc.). Les étudier de plus près, par le biais du montage, est une façon d'approcher les composantes de la performance contée à une autre échelle de la variation, de saisir une alchimie relationnelle et mémorielle.

1/ Formules et contage bilingue, avec Nora Aceval (La Blessure du Lion, Smim Enda, L'oeuf du serpent)

Nora Aceval, conteuse traditionnelle à voix nue, se place dans la Transmission. Née à Tousnina sur les hauts plateaux de Tiaret dans le sud-ouest algérien, son enfance entre Tousnina et Sougueur fut bercée par les contes populaires que disaient les femmes de sa tribu des Ouled Sidi Khaled. Née d’un père Français d’Algérie et d’une mère arabe, elle se trouva enrichie d’une double culture : Un pont entre l’Algérie et la France.

2/ L'art du tekerleme, avec Melisdjane Sezer (Grenoble)

Conteuse turque, d'adoption grenobloise, citoyenne du monde, ainsi se présente-t-elle à ses publics, Melisdjane Sezer est aussi danseuse orientale et chorégraphe. Elle excelle à commencer ses contes par de longues formules dont elle a le secret : les fameuses "roulades" turques (tekerleme) qui ressemblent à des contes de mensonge au point que l'on peut se demander où commence le conte.  Elle a su chemin faisant les adapter aux horizons d'attente de son auditoire, parfois décontenancé. La preuve ici, en vidéo :

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