Présentation du site

collectifconte est un site expérimental de recherche qui étudie la circulation des paroles et des imaginaires. Il envisage le conte patrimonial comme un objet esthétique, vivant et mouvant, en permanente réinvention sociale et artistique. Interdisciplinaire et interculturel, il associe connaissance du terrain, maîtrise des pratiques et/ou qualités d’expertise pour une meilleure appréhension du conte contemporain, travaillé en situation d’énonciation. Pour favoriser un dialogue fructueux, il fait intervenir des partenaires multiples : chercheurs, conteurs, réalisateurs, acteurs de terrain et usagers.

Présentation des espaces

Accès direct : ateliers | formation | répertoire | revue

Ateliers

Plusieurs dispositifs de narration sont présentés ici : Histoires à enchaîner, La Caravane des enfants conteurs, Ateliers Interculturels de l’Imaginaire, Contes et variations, Traduction, Formation.

Tous concernent la variation et puisent dans la mouvance de la littérature orale. Ils ont pour la plupart donné lieu à de nombreuses expérimentations en France et/ou à l’étranger. Certains ont été publiés, comme c’est le cas des Ateliers Interculturels de l’Imaginaire ; d’autres sont inédits sous ce format (Histoires à enchaîner), voire nouveaux (Traduction). Chacun d’eux peut être repris sous des formes à adapter en fonction des contextes (lieux, temps, publics : formation, recherche, animations etc.). Ces ateliers sont accompagnés de trois types d’informations (Historique, Objectifs, Mises en œuvre). A chacun de les tester, d’y contribuer à sa guise ! Merci alors de nous retourner des apports et témoignages selon les formats attendus (LIEN INTERNE : Devenir membre du cocipi, collaborateur/contributeur).

L’atelier Histoires à enchaîner propose une initiation à l’art du contage en mettant les « apprentis conteurs » en situation de performance, à partir d’un texte écrit. On rend compte d’une histoire qu’on a lue à un tiers, lequel doit la restituer devant le public. Sont précisées les modalités pour mener à bien cet exercice de contage.

L’atelier La Caravane des enfants conteurs présente un dispositif qui associe les enfants des villages de toute une vallée, la Vocance (Ardèche) : temps d’imprégnation et d’appropriation d’un répertoire diversifié, en ateliers, aboutissent à des moments de rencontre et de partage : des variantes s’inventent (par exemple au Bénin).

Les Ateliers interculturels de l’imaginaire reviennent sur la pratique du conte en groupe  interculturel (personnes immigrantes et réfugiées, étudiants en échange), dispositif de médiation culturelle et de médiation interculturelle grâce à la mise en œuvre d’objets culturels de relation.

L’atelier Performances cible le conte comme art de la relation in situ, en tant qu’il met en jeu les ressources du verbal et du para-verbal, les lieux, les contextes et circonstances de la narration, les processus d’énonciation d’une parole libre, dans les limites des normes et règles sociales de communication d’une société donnée, à un moment donné de son histoire.  

L’atelier Traduction est envisagé dans une démarche empirique, expérimentale, comme passage, mouvance par excellence non seulement entre l’oral et l’écrit (transcription au sens de traduction de paroles), ou l’image (transmutation de matière selon Eco), mais aussi entre les diverses langues et parlers vernaculaires à travers lesquels circulent les contes et autres récits de tradition orale ou inspirés de celle-ci, compte tenu de publics en plus ou moins grande connivence avec les codes culturels mis en jeu. Comment traduire ? Comment faire passer l’histoire : gloser ou ne pas gloser ? Cet atelier pourra cibler de façon plus ponctuelle un mot, une expression, un motif, telle ou telle expérience.


Formation

L'objectif est ici de rassembler les éléments théoriques d’une approche plurielle de la littérature orale en croisant les points de vue spécifiques des chercheurs, conteurs, spécialistes du corps, de la voix, de l’image et autres experts (créations d’événements, etc.), sans oublier les divers connaisseurs ou découvreurs que sont les écouteurs, non pas sur le mode de l’exhaustivité, mais sur celui du dialogisme, de la surprise, de la curiosité. Ne pas hésiter à proposer une contribution. Ainsi cheminerons-nous ensemble vers une sorte e-MIS-cocipi (Manuel en Images et à Sons), multilingue, indéfiniment ouvert à toute personne intéressée.


Répertoire

La littérature orale offre un vaste ensemble de récits dont les catégorisations varient d’une culture à l’autre, d’une approche, voire d’une école à l’autre, mais aussi d’un conteur à l’autre, d’une performance à l’autre, comme l’attestent tous les essais de classification dans leurs limites mêmes (LIEN article ATU in Formation ?). Les genres du récit dans l’oralité se prêtent à toutes sortes de bifurcations, de contaminations in vivo, selon une plasticité qui s’invente parfois dans le temps même d’une énonciation in praesentia, en interaction avec l’auditoire. Contes ici, mythes là… : des récits circulent, se transforment Proverbes et devinettes sont des formes courtes qui peuvent lancer, ponctuer ou clore un récit. Entre conte et fable, la frontière est poreuse. Voir là dessus les éléments disponibles dans l’espace Formation (LIENS x, y, z : à tenir à jour). Ici trois échelles d’étude (selon un concept de granularité à explorer) sont retenues, permettant des navigations de l’une à l’autre, sans hiérarchie : Personnages, Motifs, Contes.

Les personnages sont ces entités fluctuantes (Eco) qui peuplent nos imaginaires, y prennent corps et passent aisément d’une forme artistique à une autre : Tom Pouce pourrait en être une figure emblématique, en ouverture. Mais il y a aussi dans le contexte des migrations contemporaines Nasreddin Hodja, le fou sage bien connu en Turquie, en Egypte, au Maghreb, dans les Balkans, à Zanzibar etc., un Nasreddin qui migre de plus belle en tous sens. Le cinéma est friand des grandes têtes d’affiche que sont les Blanche-Neige et Cendrillon du monde entier, plus ou moins passées par Walt Disney. Ici nous irons du côté où nous avons de la matière pour construire petit à petit une galerie de portraits.

Les motifs sont ces toutes petites unités de récit qui marquent les imaginaires par leur force symbolique, thématique, figurative, narrative. Souvent chantés, psalmodiés, souvent repris, ils circulent facilement d’un conte à l’autre, d’un art à l’autre, immédiatement reconnaissables, qu’on les trouve à l’identique (le motif de la chambre interdite) ou sous des couleurs et habillages conformes aux codes culturels locaux, au point d’apparaître parfois comme des signes particuliers de telle ou telle culture (les motifs d’ogresse par exemple dans les contes kabyles).

Les contes sont des unités malléables (de plus grande dimension) qui présentent un arrangement de motifs (Aarne et Thompson), un parcours figuratif (Nicole Belmont),  une matrice de reconnaissance (Jean Derive). Ils enchaînent un début, un développement et une fin, dont les variations ménagent parfois bien des surprises, que ce soit par le sentiment immédiat de leurs ressemblances ou par celui de leurs différences. De simples fragments permettent d’en opérer, à la façon des archéologues, des restitutions à ne pas négliger, sortes de rapiéçages de la mémoire du cœur, selon les mots de Roger Bastide (l’anthropologue spécialiste du Brésil) : ils participent de la vie et de l’histoire des répertoires. Dans le contexte du renouveau du conte en France et ailleurs, qui est celui de la recherche de l’équipe collectifconte (cocipi), certains émergent de façon remarquable comme autant de chantiers d’études de la variation. Certains motifs y prennent une prégnance particulière, par exemple les « Oeufs du serpent » au point même de faire le titre du conte, du coup nous en réservons l’étude au traitement du motif du Serpent dans le ventre. Certains constituent une sorte de mise en animation de schémas narratifs propices à s’interroger sur les dialectiques entre universel et singulier qui caractérisent cette parole vivante. « Le grain de maïs » est de ceux-là : avec la thématique des échanges successifs, qui fait randonnée, c’est un conte très répandu au Maghreb sous le titre « Le chacal et l’épine », mais aussi en Afrique ou dans d’autres régions du monde (par exemple en France, dans le Roannais). Nous lui réserverons un double traitement : sous l’angle du parcours narratif des échanges (l’unité conte), mais aussi sous l’angle du motif du cadavre de la vieille mère échangé contre une jeune mariée, très présent dans ce conte en ses diverses versions. Ce motif en intrigue plus d’un, suffisamment pour donner envie de mener l’enquête. D’autres éléments vont ainsi naviguer tant à l’intérieur du Répertoire, que d’un menu à l’autre : Performances, Traduction, Formation etc.


Revue

Chemin faisant, des tracées et chemins vont s’observer, se dégager, suggérer des thématiques propres à faire-revue, à mériter un traitement à un autre niveau, à travers des appels à contribution sur le mode d’une revue en TIS (textes, images & sons) ancrée dans le site, mais le débordant largement. Une piste à suivre dès que possible. Un comité éditorial est en cours de constitution, modulable, international, multilingue.