• Conte en milieu protégé/Alzheimer
  • Formation
  • Evaluation

Cette recherche a été soutenue par la Fondation Médéric Alzheimer (et aussi la Fondation de France, la CNSA, la DRAC et l'ARH du Languedoc Roussillon, l' O.I.D.R. du Sud Est) et menée en 2007-2008 conjointement par Véronique Aguilar, conteuse et coordinatrice de la recherche au sein de l'association Confluences, Jennifer Martin, statisticienne de Kappa Santé, Louis Ploton, Professeur de gérontologie du Laboratoire « Santé Individu Société », E.A.4129, Institut de Psychologie, Université Lumière Lyon-2, Emmanuelle Saucourt, anthropologue, chercheur associée au CREA, Université Lumière de Lyon2, et Denise Strubel, médecin Gériatre, chef de Service au CHU de Nîmes.

Contexte

L’expérience de contage débute en 1997 auprès de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer au sein des C.A.N.T.O.U. et des centres de long séjour grâce au programme interministériel « Culture à l’hôpital ». Une méthode de travail, incluant une conteuse et le personnel soignant, a été mise en place et s’est généralisé à partir de 2004 dans plusieurs sites du Languedoc-Roussillon. En 2006, cette démarche a été élargie à plusieurs EHPAD auxquels ont été proposés des ateliers conte pour les résidents. Compte tenu de l’intérêt et du succès rencontrés et dans le but de pérenniser ce type d’interventions, l’association Confluences a souhaité évaluer, selon des critères scientifiques, l’impact d’un tel dispositif auprès de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer à un stade évolué. En 2007-2008, un protocole d’évaluation des ateliers conte a vu le jour. Il était fondé sur plusieurs constats provenant de l’expérience antérieure des soignants et des conteurs, selon lesquels le conte stimulerait des fonctions telles que : l’écoute, la parole, la mémoire de faits anciens et la création d’images mentales....

Méthodologie de l’étude

Cette étude contrôlée et randomisée a été réalisée sur deux ans. La deuxième année, les participants du groupe témoin on été transférés au groupe expérimental afin de leur faire bénéficier de l’intervention.

Trois approches ont été croisées :

  • Une approche psychosociale portant sur une série de tests (Démotivation P. Thomas, GDS-15 items –dépression-, Estime de soi, QoL-AD, NPI, CMAI) dont un organisme indépendant a traité les données statistiques. Les recueils de données ont été effectués à des temps différents : T0 (en amont, avant toutes interventions artistiques), puis à T6 (six mois après T0) et à T9 (9 mois après T0). Un temps nommé T’0 pour la seconde partie, correspondant en partie à T9, puis à T’5 (cinq mois après la première intervention).
  • Une étude anthropologique comportant une observation du terrain, des interviews des soignants, des référents (personnels qui encadraient et assistaient à l’atelier), des conteurs et des familles.
  • Une analyse de la prescription des psychotropes à la première année à T6 et à la seconde à T’5.

Intervention

Les ateliers conte se sont déroulés pendant 12 séances bimensuelles sur 4 sites (2 CHU, 1 HL et 1 EHPAD) du Languedoc-Roussillon, dans des unités spécifiques Alzheimer ou des unités d’hébergement classique, accueillant des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées (au sens strict) à un stade évalué.

Bien que le répertoire des conteurs fût différent, le déroulement de chaque séance était identique : la mise en cercle des participants, un rituel d’ouverture, trois contes alternés par des respirations (poésie, chants, devinettes) sur une durée d’environ 50 minutes. Les participants pouvaient s’exprimer, échanger, chanter, dormir.

Participants

L’étude a porté sur 154 patients répartis en 8 groupes.  Sur les 154 patients, dont l’âge était entre 66 et 99 ans, 82% étaient des femmes et 18% des hommes. L’ensemble des participants avaient un score au MMSE compris entre 6 et 18.

Résultats

Quatre effets ont pu être observés et concernent la capacité d’écoute, la parole, la narration et les troubles du comportement.

L’hypothèse d’une écoute soutenue, pré-sentie par les soignants, a été confirmée au cours des séances par l’anthropologue, et nommée « écoute active ». Il semblerait que l’attention des participants ait augmenté au fur et à mesure du déroulement des séances.

Concernant la parole, les observations psychologiques (CMAI) et anthropologiques ont corroborée une certaine récupération de la capacité des participants à s’exprimer. Par ailleurs, ces derniers ont paru retrouver un certain sens de la narration, leur permettant de recouvrer ainsi une forme de cohérence dans ce domaine.

Parallèlement, les troubles du comportement ont diminué (NPI : hallucinations et troubles de l’appétit) et les participants ont obtenu des scores moins élevés aux tests de dépression. En matière de prescription de psychotropes, aucun changement significatif n’a été observé tant pour le groupe expérimental que pour le groupe témoin.

Plus d'informations sur la recherche

Documents

Vidéos

Le rapport est aussi disponible auprés des organismes suivants:

  • Centre de Documentation
    Fondation Nationale de Gérontologie
    49 rue Mirabeau
    75016 Paris
  • Association Confluences
    1 chemin du Paradis
    30700 Uzès

Par ailleurs cette recherche a débouché sur la constitution d'une formation donc le programme est disponible sur cette page.

Contacts

  • Emmanuelle Saucourt : emmanuelle.saucourt@univ-lyon2.fr
  • Véronique Aguilar : v.aguilar@free.fr




Dernière modification jeudi 23 décembre 2010 par Drouet